Amazon joue à “Big Brother” et se tire une balle dans le Kindle

kindle-dxDepuis déjà quelques années le livre électronique (EBook) essaie de s’imposer comme le remplaçant du livre papier. Jusqu’à présent le concept n’avait jamais vraiment pris, mais parmi les Ebooks du marché, le dernier Kindle d’Amazon (sorti début 2009) était en train de changer un peu les choses. On avait l’impression que la mayonnaise commençait à prendre entre les lecteurs et le Kindle.

Et là c’est la gaffe… Du jour au lendemain, sans aucun avertissement, des utilisateurs ont eu la surprise de voir disparaître des bouquins de leur Kindle. La raison ? Amazon s’est aperçu qu’il y avait des problèmes de droits d’auteurs sur certains livres et a décidé du jour au lendemain de les retirer de leur plate forme de vente, mais également de supprimer à distance les exemplaires qui avaient été achetés en ligne… Certains utilisateurs avaient même commencé à prendre des annotations pour leur boulot sur les pages virtuelles du bouquin (une des possibilités du Kindle), et ces annotations sont également perdues…

1984-Orwell-coverLe comble, c’est que un des bouquins supprimés s’appelle 1984 de Georges Orwell… pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, c’est justement l’histoire d’un état totalitaire qui surveille tout le monde (le fameux “Big Brother”) et brûle les livres pour mieux garder le contrôle sur la population… ironique non ? 🙂

Depuis, Amazon s’est excusé, et a remboursé les livres supprimés (pas les annotations…), mais le problème de fond reste : est-ce qu’Amazon a le droit de supprimer un livre (électronique) que vous avez pourtant acheté, sur un EBook que vous avez lui aussi acheté et qui est censé être votre propriété ?  Apparemment oui : le mode de fonctionnement s’apparente à celui du logiciel : contrairement au livre papier, vous n’achetez que le droit de lire le livre électronique, pas le livre lui même…

Autre question sur les droits d’auteurs : le cas de 1984 d’Orwell est justement intéressant. Le livre est tombé dans le domaine public dans certains pays (Australie, Canada, Russie, etc), mais pas dans d’autres (USA). Pourquoi cette question des droits d’auteur n’est-elle par harmonisée au niveau international ? Pourquoi est-ce que dès qu’on rajoute le mot “électronique” derrière quelque chose, ça devient tout de suite compliqué… 🙂

Au final un beau gâchis, des utilisateurs mécontents… un très bon exemple de tirage de balle dans le pied de la part d’Amazon. Personnellement, je m’en tiens à mon livre de poche de 1984 qui trône fièrement sur mon étagère… au moins je suis sûr qu’il ne va pas disparaître dans la nuit, je peux passer les frontières avec mon livre sous le bras sans me préoccuper de savoir s’il est ou non dans le domaine public dans le pays où je voyage, je peux même le préter à quelqu’un si j’en ai envie, le perdre, ou l’oublier involontairement ou volontairement (concept de bookcrossing) dans un lieu public.

Aucun doute : le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Mais, la faute à qui ?

Source : Libération, New-York Times, Livres Voyageurs

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